" Lorsqu'un verre, ou une assiette, tombe par terre, il s'écrase avec un fracas à réveiller les morts. Lorsqu'une vitre éclate, que le pied d'une table se fend, qu'un cadre se décroche d'un mur, cela produit un bruit horrible. Mais lorsque votre coeur se brise, il le fait dans un silence complet. On pourrait penser, vu la portée de l'évènement, qu'il produirait un vacarme stupéfiant ou même un son bien à lui, un timbre grandiose comme un gong ou un petit bip. Bien au contraire : le silence est assourdissant, et rien ne vient vous distraire de la douleur. Si bruit il y a, il reste enseveli au plus profond de vous. Votre coeur hurle mais personne ne l'entend, personne à part son propriétaire. Il hurle si fort qu'il vous transperce les tympans, vous vrille le crâne. Il se débat dans votre poitrine, cogne de toutes ses forces, rugit de colère. Voilà ce qu'évoque un coeur brisé : un animal pris au piège, épouvanté, ligoté, prisonnier de ses émotions. L'amour, ce sentiment qui n'épargne personne, peut se révéler aussi douloureux qu'une plaie à vif rongée par l'eau de mer. A l'intérieur, le chaos ; tout autour, un calme trompeur. "
Si tu me voyais maintenant, Cecelia AHERN